La France

Cité épiscopale d'Albi


Située en bordure du Tarn, la vieille ville d'Albi, dans le sud-ouest de la France, reflète l'épanouissement d'un ensemble architectural et urbain médiéval dont témoignent aujourd'hui encore Le Pont-Vieux, le bourg de Saint-Salvi et son église (10e-11e siècle). Au 13e siècle, la ville devint une puissante cité épiscopale au lendemain de la croisade des Albigeois contre les Cathares. D'un style gothique méridional original à base de briques aux tons rouge et orangé fabriquées localement, la cathédrale fortifiée qui domine la ville (XIIIe siècle) illustre la puissance retrouvée du clergé romain. Elle est complétée par le vaste palais épiscopal de la Berbie qui surplombe la rivière et est cernée par des quartiers d'habitations datant du Moyen Age. La cité épiscopale d'Albi forme un ensemble de monuments et de quartiers cohérent et homogène qui n'a pas subi de changements majeurs au fil des siècles.

Ce site culturel est classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO depuis 2010.

Histoire du site

Le promontoire situé entre le cours du Tarn, au nord, et le ravin du Bondidou, au sud-ouest, a accueilli un très ancien oppidum, dont les traces d'occupation remontent à l'âge du bronze. Il correspond à l'actuel quartier de Castelviel (voir Description). Occupé par les Celtes, le site a ensuite donné naissance à une petite agglomération gallo-romaine. Le lieu est suffisamment important pour être le siège d'un évêché, dès le début du Ve siècle. Il est fortifié durant le haut Moyen Âge et des constructions apparaissent en bordure de la rivière navigable. En 418, les Wisigoths envahissent la région et en prennent le contrôle, puis les Francs en 507. Les vestiges de ces époques sont d'ordre archéologique.
Le bourg de Saint-Salvi (Xe siècle) et le Pont-Vieux (XIe siècle) attestent un développement économique et urbain médiéval ancien. Le faubourg de la Madeleine se construit, sur la rive droite, au débouché du pont. Albi bénéficie de sa position géographique au contact d'une part des hauteurs humides et fraîches du Ségala et du Rouergue, de l'autre des basses terres du bassin de la Garonne, plus chaudes et sèches. Pays très anciennement défriché, l'Albigeois devient une région de polyculture et la ville un marché agricole où viennent s'échanger des produits variés suivant les époques : grains, vins, bétail, chanvre, puis le pastel, etc. Le Tarn offre une rivière naturellement navigable d'Albi jusqu'à la Garonne. La ville devient le lieu d'un commerce régional d'entrepôt pour la laine et les étoffes fabriquées dans la campagne voisine.
La période féodale d'Albi est marquée par la présence des comtes de Toulouse puis par la seigneurie des puissants vicomtes de Trencavel, aux XIIe-XIIIe siècles. Le droit du sol est toutefois réparti entre des ayants droit différents, outre les seigneurs féodaux : l'évêque et les chanoines de Saint-Salvi. L'urbanisme en quartiers et en bourgs bien marqués reflète ce partage de l'espace (voir Description).
Le développement urbain des XIIe et XIIIe siècles s'accompagne d'une dissidence religieuse d'échelle régionale, dont l'Albigeois constitue l'un des foyers, à côté de Toulouse, Carcassonne, Foix, etc. L'institution ecclésiastique chrétienne apparaît comme coupée des réalités sociales de l'époque, tant aristocratiques que bourgeoises. Au XIIe siècle, les dissidents se structurent ; ils sont connus sous les noms d'Albigeois ou de cathares. Ils évoluent vers une interprétation dualiste du monde et de la condition humaine, ainsi que vers des pratiques religieuses rapidement jugées hérétiques par les hautes instances du clergé romain. Les prédications de saint Bernard (1145) et des cisterciens, puis de saint Dominique (1206-1207), alternent avec les déclarations d'hérésie et d'excommunication, notamment celle du concile de Latran III qui instaure l'inquisition à l'encontre des Albigeois (1179). Deux croisades successives sont alors décrétées par l'Église contre les dissidents : la première, féodale, à compter de 1208-1209 et la seconde, royale, de 1224 à 1229. Malgré son nom de croisade des Albigeois, la ville d'Albi elle-même est matériellement peu affectée par les événements militaires, qui s'apparentent rapidement à une conquête des seigneurs féodaux du Nord, puis à une annexion royale. La restauration de la foi chrétienne par la force est accompagnée d'un ancrage définitif du Languedoc dans l'espace français.
La ferme reprise en main de la population par l'Église romaine s'accompagne de l'élimination des élites locales, favorables au catharisme, et d'une puissante implantation cléricale, tant dans la vie spirituelle que matérielle. Albi est exemplaire de ces évolutions, au cours du XIIIe siècle, devenant une ville épiscopale, sous la seigneurie de ses évêques bâtisseurs. Bernard de Combret lance la construction du château fort et palais de la Berbie, durant la dernière phase de la croisade ; son successeur, Bernard de Castanet, celle de l'imposante cathédrale Sainte-Cécile, véritable incarnation d'une forteresse de la foi romaine (voir Description). À la fin du XIIIe siècle et au début du suivant, un important développement urbain accompagne l'édification de l'ensemble épiscopal, comprenant de nouveaux quartiers et des institutions religieuses hors les murs.
Le choix de la brique, au XIIIe siècle, comme matériau constructif des grands édifices, outre sa dimension populaire symbolique, s'explique simultanément par la médiocrité des carrières de calcaire dans la région et par la profusion naturelle d'argile dans les bassins du Tarn et de la Garonne. Elle a donné un langage commun aux cités languedociennes de cette région, notamment à Montauban, Toulouse et Albi. Par ailleurs, la nouvelle Cité épiscopale bénéficie de l'apport d'influences artistiques et architecturales très diverses, venues des régions du nord de la France, mais aussi des Flandres et de Catalogne.
La grande crise européenne du milieu du XIVe siècle, avec le début de la guerre de Cent Ans, les famines et la peste, affecte durablement Albi et sa région. La ville se rétracte et végète, enfermée dans ses murailles, qui sont renforcées au début des événements. Son artisanat et son commerce sont durablement affectés, alors que la population urbaine s'effondre.
La période de la Renaissance, à compter du milieu du XVe siècle dans l'Albigeois, amène une reprise économique basée sur l'exploitation du pastel, une plante tinctoriale alors en vogue. De nouvelles élites locales s'affirment, entraînant la construction de beaux hôtels particuliers, dans un style Renaissance, et la rénovation des quartiers anciens du centre historique. Les seigneurs évêques Louis I et Louis II d'Amboise entreprennent le parachèvement de la cathédrale, construisant le baldaquin extérieur d'entrée et le choeur, avec son jubé et sa clôture intérieure en pierre ; puis ils mènent à bien un imposant programme de peintures murales intérieures et de statuaire, aidés d'artistes régionaux mais aussi venus de France, des Flandres et d'Italie (voir Description). Ils expriment un style gothique tardif, caractérisé par une décoration très riche, parfois un peu chargée, ainsi qu'une grande expressivité des personnages.
Aux XVIe et XVIIe siècles, le palais épiscopal de la Berbie subit une série de transformations architecturales notables. Sa dimension militaire est atténuée, en partie remplacée par des bâtiments d'inspiration Renaissance et des jardins, formant un ensemble palatial plus lumineux, plus aéré et plus agréable à vivre. La Berbie prend progressivement son aspect contemporain. Les évêques successifs d'Albi, élevés au rang d'archevêques au XVIIe siècle, sont toujours les seigneurs de la ville et de ses dépendances ; ils président les États albigeois, exerçant un double pouvoir, spirituel et temporel, cela jusqu'à la Révolution française. À la fin du XVIIe siècle, la ville historique, toujours ceinte de remparts et ramassée autour de sa cathédrale-forteresse, a conservé l'allure d'une citadelle médiévale. Elle est parfois qualifiée de « ville rouge » de par la couleur de la brique.
L'aspect de la ville change cependant au cours du XVIIIe siècle, où les remparts commencent à être démolis pour faciliter un développement urbain rendu nécessaire par la croissance démographique. Les chantiers se multiplient dans la seconde partie du siècle, organisant le renouveau des quartiers et une extension rationnelle du réseau viaire, notamment vers l'est de la ville. C'est toutefois une période marquée par l'essoufflement des activités commerciales, au profit du nouvel axe de transport constitué par le canal du Midi et la Garonne, plus au sud.
À la Révolution, les biens du clergé sont vendus et ils deviennent des centres administratifs ou des entrepôts. La cathédrale est momentanément érigée en temple de la Raison. Si durant les troubles de la Terreur, le jubé et le choeur évitent de peu une destruction, le patrimoine statuaire et le reliquaire sont altérés.
Au XIXe siècle, les projets de renouvellement urbain reprennent et se développent, surtout dans la seconde moitié du siècle ; le Pont-Vieux est élargi, la navigation sur le Tarn améliorée. La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle sont marqués par un renouveau économique dû à l'essor de l'industrie de la verrerie et de la chapellerie ainsi que par l'extraction de la houille, à proximité, près de Carmaux.
D'importants travaux de restauration sont entrepris à la cathédrale à la fin du XIXe siècle, dans l'esprit de Violletle- Duc et sous la conduite de l'architecte César Daly. Ses abords sont dégagés pour la mettre en valeur, prolongés d'une restructuration viaire importante de la vieille ville pour faciliter la circulation urbaine. De nouveaux quartiers périphériques apparaissent, d'importants travaux d'infrastructure sont réalisés aux abords de l'agglomération, alors que des immeubles modernes, généralement en brique, apparaissent dans les anciens quartiers. Devenu inadapté à l'exercice d'une fonction épiscopale réduite à sa dimension ecclésiastique, le palais de la Berbie est progressivement abandonné. Il devient, au début du XXe siècle, le musée Toulouse-Lautrec, pour héberger les collections laissées par la famille du peintre à sa ville natale.
À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le centre urbain historique est dans un premier temps délaissé, perdant une grande partie de sa population au profit des nouveaux immeubles de la périphérie. Il échappe toutefois à un projet de démolition et de reconstruction moderniste. Il est ensuite perçu comme un ensemble urbain de valeur patrimoniale importante et déclaré « secteur sauvegardé » par la municipalité (1968), entrainant la mise en oeuvre d'un plan de conservation (1974). À la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, les travaux se sont notablement accélérés, donnant un bon niveau de conservation à l'ensemble urbain du périmètre de l'ancienne Cité épiscopale.
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