Le Chili

Églises de Chiloé


Les églises de Chiloé constituent un exemple unique en Amérique Latine d'architecture religieuse en bois. Elles représentent une tradition initiée aux XVIIe et XVIIIe siècle par des prêcheurs jésuites itinérants, tradition poursuivie et enrichie par les Franciscains au XIXe siècle et qui prévaut encore de nos jours. Ces églises illustrent l'extraordinaire richesse de l'archipel de Chiloé et témoignent de la fusion réussie de la culture et des techniques indigènes et européennes, de la parfaite intégration de son architecture dans le paysage et l'environnement, ainsi que des valeurs spirituelles des communautés.

Ce site culturel est classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO depuis 2000.

Histoire du site

Au XVIe siècle, les habitants de l'archipel de Chiloé avaient un mode de vie sédentaire et une économie basée sur l'agriculture et la pêche. Les navigateurs espagnols avaient découvert l'archipel au milieu du XVIe siècle mais la colonisation ne commença qu'en 1567, lorsque Martín Ruiz de Gamboa fonda les villes de Santiago de Castro et de Chacao sur Isla Grande de Chiloé.
Les Espagnols furent impressionnés par le caractère doux et réceptif des populations locales. Le système universel de l'encomienda fut appliqué, selon lequel les peuples indigènes payaient tribut à la couronne d'Espagne en travaillant pour les colons en échange de nourriture et d'une instruction religieuse. Il y eut des révoltes occasionnelles de la part des autochtones, dont la plus grave survint en 1712, provoquée par les mauvais traitements qu'ils reçurent des encomenderos ; ces derniers accusèrent d'ailleurs les jésuites d'avoir suscité la révolte qui fut brutalement réprimée.
Les missionnaires des ordres de saint François et de Notre Dame de la Miséricorde étaient arrivés avec les premiers colons. Après une première exploration en 1608, la Compagnie de Jésus commença l'évangélisation qui fut le processus fondateur des particularités culturelles de l'archipel et allait conduire à la construction des églises qui font l'objet de la présente proposition d'inscription.
La stratégie jésuite reposait entièrement sur la prédication itinérante. Des visites annuelles étaient organisées par des groupes de jésuites qui sortaient de leur collège à Castro pendant les mois tempérés. Ils passaient quelques jours dans chacune de leurs missions selon un calendrier préétabli ; les missions avaient été fondées près du rivage, de manière à permettre leur accès par bateau. Pendant le temps de leur présence dans chaque mission, les jésuites se préoccupaient du bien-être matériel et spirituel de la communauté. Au début, ces missions n'étaient pas occupées en permanence, mais au fil du temps, les jésuites y firent construire des chapelles et des maisons pour loger leurs membres, édifiées par la communauté locale avec les matériaux et les techniques autochtones. Ils choisissaient des laïcs parmi les familles dirigeantes pour assumer le rôle de fiscal qui consistait à prendre soin de l'église et du cimetière et à pourvoir aux besoins spirituels de base de la communauté. Par tradition, les jésuites encourageaient les communautés indigènes à participer activement à leur propre vie religieuse et sociale. À la fin du XIXe siècle, plus d'une centaine d'églises avaient été édifiées, dont il reste actuellement entre cinquante et soixante édifices.
Les raids des pirates étaient très courants au XVIIe siècle, et les Espagnols vivant dans les villes commencèrent à les déserter pour la campagne qui offrait une plus grande sécurité. Ce faisant, ils s'emparèrent des terres des populations autochtones, accroissant l'assimilation interculturelle des deux groupes. Le groupe majoritaire des Chilotes dans l'archipel est le résultat de ce métissage. Les autochtones embrassèrent la religion catholique tandis que les Espagnols adoptèrent la langue du pays, le veliche, qui n'est plus parlée de nos jours. Les Espagnols adoptèrent le mode de vie des populations locales, vivant de la pêche et de l'agriculture et utilisant leurs techniques.
Lorsque les jésuites furent expulsés en 1767, leur oeuvre fut reprise par les Franciscains qui apprécièrent la valeur du travail mené par les jésuites et le poursuivirent. Ceux-ci reprirent l'usage de la prédication itinérante et créèrent neuf centres possédant chacun son rayon d'action. Créé en 1840, ce système est à la base de l'organisation des paroisses actuelles.
Malgré les efforts du pouvoir colonial espagnol, les villes ne furent plus que des centres administratifs et à la fin de l'époque coloniale, il n'y avait plus que cinq villes (villas) à Chiloé. L'importance stratégique de l'archipel -qui dépendait de la capitainerie générale de Lima et non pas du Chili - fut toutefois reconnue. Une garnison militaire était stationnée dans la forteresse de San Carlos de Ancud, fondée en 1768.
La population chilote était profondément loyale à la couronne d'Espagne. Lorsque la lutte pour l'indépendance du Chili commença en 1810, Chiloé devint le quartier général des opérations espagnoles pour tenter de récupérer le Chili et le Pérou. Chiloé demeura une enclave espagnole après l'indépendance du Chili en 1818 et resta fidèle à l'Espagne jusqu'à son incorporation à la nouvelle République du Chili huit ans plus tard.
Chiloé connut une période de prospérité au XIXe siècle. Ses ports étaient des escales pour les navires allant vers le sud et son bois fut l'objet d'un commerce d'exportation important. Cette période florissante prit fin au tournant du siècle au moment de l'ouverture du canal de Panamá et l'archipel fut victime de la surexploitation des cyprès et des mélèzes des îles. Au cours de la première moitié du XXe siècle, l'activité agricole et l'élevage souffrirent d'une grave crise. Il y eut une importante émigration des Chilotes vers le sud, la Patagonie et la région du détroit de Magellan. Actuellement, l'économie de l'archipel se développe sur la base d'une exploitation contrôlée des ressources naturelles (bois et poisson) et des activités traditionnelles de pêche et d'agriculture.
« Quartier historique de la ville portuaire de Valparaiso Ville minière de Sewell »

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