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District d’at-Turaif à ad-Dir’iyah

Ce site fut la première capitale de la dynastie saoudienne, dans le centre de la péninsule arabique, au nord-ouest de Ryad. Fondée au 15e siècle, elle témoigne du style architectural Nadji, propre au cœur de la péninsule arabique. Au 15e et au début du 19e siècle, son rôle politique et religieux s'est accru et la citadelle d'at-Turaif est devenue le centre du pouvoir temporel des Saoud et de la diffusion de la réforme wahhabite au sein de la religion musulmane. Le bien comprend des vestiges de nombreux palais et d'un ensemble urbain érigé en bordure de l'oasis ad-Dir'iyah.

Ce site culturel est classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO depuis 2010.

Histoire du site

La première présence de l'homme dans la vallée de l'Hanifah remonte à 80 000 ans environ, attestée par des vestiges acheuléens et moustériens. Les conditions du développement, moins favorables que dans le Croissant fertile, ont d'abord attiré des chasseurs puis des nomades. Des artefacts en pierres et des sculptures sur rochers ont été découverts dans le Najd ouest.
Au nord de Riyad, les vestiges d'un centre de peuplement aux murs de pierres sèches remontent au Ve millénaire av. J.-C. L'agriculture s'y développa aux IIIe et IIe millénaires av. J.-C. La domestication du dromadaire date de la même période.
Durant l'Antiquité, l'Arabie joue le rôle d'une route commerciale caravanière active entre l'océan Indien, le Croissant fertile et la Méditerranée. Elle est notamment traversée par la route de l'encens. Les peuplements sédentaires se développent au cours du Ier millénaire av. J.-C. L'oued Hanifah paraît cultivé, mais les témoignages archéologiques directs sont encore peu nombreux.
La fin de l'Empire romain et la poussée du christianisme entraînent le déclin des centres de commerce et de la sédentarisation en Arabie centrale. Les zones de puits et les anciennes oasis deviennent des refuges pour les nomades et leurs troupeaux. L'Arabie centrale est alors dominée par les tribus yéménites des Himyarites ; puis, au Ve siècle, la tribu chrétienne des Banu Hanifah reprend la colonisation agricole du centre de la péninsule, dans la région de Tasm. Battus en 634 par l'armée du calife Ibn al-Walid, ils se soumettent à l'islam.
Aux VIIe et VIIIe siècles, les Banu Hanifah apparaissent toutefois comme une tribu rebelle à l'État califal des Omeyades. Ils ne se soumettent au pouvoir central des Abbassides qu'au milieu du IXe siècle. Du IXe au XIVe siècle, un lent développement agricole des oasis de la région centrale de l'Arabie se produit. Au XIVe siècle, le voyageur arabe Ibn Battuta témoigne de la présence des Banu Hanifah dans la vallée qui porte leur nom. Toutefois, à cette époque, les populations stagnent ou décroissent.
Les conditions climatiques plus favorables du XVe siècle donnent un nouvel essor aux oasis et aux bourgades, par l'arrivée de nouveaux habitants venus des régions côtières. Ad-Dir'iyah semble créé à cette époque et son développement connait un premier apogée au XVIe siècle. Elle est un centre commercial et son pouvoir s'étend à l'échelle de la région. Toutefois, au XVIIe siècle et au début du suivant, la ville prééminente du Najd est ‘Uyanynah.
Au début du XVIe siècle, le chérif de La Mecque reconnaît le califat ottoman, qui cherche à prendre le contrôle de la péninsule Arabique. Le contexte est à une vive confrontation avec l'Occident, alors que les Portugais s'implantent dans l'océan Indien. Le chérif attaque une première fois les oasis et les nomades du Najd, en 1578.
Le pouvoir des familles Banu Hanifah est lentement remis en cause par l'évolution séculaire du peuplement des oasis de l'Arabie intérieure. Au début du cet antagonisme, par des quartiers ou des villages séparés. À ad-Dir'iyah, les Al Watban l'emportent dans un premier temps, mais en 1720, Saoud ben Mohammed, de la communauté des Al Muqrin, impose son pouvoir et il expulse ses rivaux de la ville. C'est l'acte fondateur de la maison des Saoud.
Au XVIIIe siècle, les imams successifs (chefs de la Maison des Saoud) fortifient l'oasis, le long des hauteurs de chaque côté de l'oued Hanifah. C'est une période de développement urbain et de la constitution de la citadelle d'at-Turaif.
Originaire du Najd, où une forme de paganisme imprégnait la vie sociale, le cheik Mohammad ben Abdul Wahhab se fait le promoteur d'une réforme de la sunna, la tradition orthodoxe musulmane. L'unicité de Dieu, son impossible comparaison et l'hérésie de toute médiation sont réaffirmées. Ce mouvement religieux est pleinement reconnu par le second imam, Mohammed ben Saoud, qui en fait, en 1745, la base morale et juridique de son État. Ad-Dir'iyah devient alors le centre de propagation de la Réforme. La ville est un centre d'éducation important par la présence de nombreuses écoles coraniques qui attirent des étudiants de toute la péninsule.
La dynastie des Saoud entreprend parallèlement une conquête des autres villes et oasis du Najd, qu'elle contrôle entièrement en 1785. Dans les années 1790, elle domine l'est de la péninsule Arabique et son influence s'étend à l'ouest jusqu'aux pieds des monts du Hedjaz.
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et au début du XIXe, ad-Dir'iyah est le quartier général d'une puissante administration islamique. Elle dispose de juges, d'imams réputés. Les délégations et les groupes d'intérêts se pressent devant ses salles d'audiences. Elle dispose d'une trentaine d'écoles coraniques. C'est aussi le centre politique et militaire du pouvoir des Saoud. À son apogée, l'armée pouvait réunir jusqu'à 100 000 hommes. L'ensemble urbain associé à l'oasis se développe, tout particulièrement les palais de Salwa dans la citadelle d'at-Turaif, coeur du pouvoir. Toutefois, aux dires de voyageurs occidentaux, la population d'ad- Dir'iyah ne dépassait pas 13 000 âmes au début du XIXe siècle.
Le succès de la réforme de la sunna et la puissance militaire en expansion des Saoud ne pouvaient manquer d'inquiéter le califat ottoman. Les tensions et les affrontements se multiplient, durant une trentaine d'années. Les Saoud sont tout d'abord vainqueurs, imposant notamment leur influence sur le Hedjaz central et sur La Mecque (1803) contrôlant ainsi le pèlerinage. C'est l'apogée de la première dynastie des Saoud.
La contre-attaque des Ottomans s'organise depuis l'Égypte. Ils reconquièrent le Hedjaz (1813), puis ils entrent en campagne dans le coeur de la péninsule Arabique. À la tête d'une puissante armée cosmopolite, Ibrahim Pacha envahit le Najd (1816-1818). La campagne se termine par le siège et la conquête d'ad- Dir'iyah. La ville est alors saccagée à deux reprises, en 1818-19 et en 1821. Une répression s'abat sur les Saoud et sur les partisans du wahhabisme.
L'imam Turki rétablit le pouvoir des Saoud en 1824, obtenant le départ des Ottomans. Il fonde une seconde dynastie, choisissant Ryad comme nouvelle capitale. Le quartier du pouvoir, at-Turaif, en grande partie ruiné par la guerre, est abandonné. Les rares visiteurs occidentaux du milieu du XIXe siècle témoignent d'une cité en ruine. La population locale est retournée vivre dans l'oasis, dont l'exploitation agricole se poursuit.
At-Turaif est restée abandonnée jusqu'au milieu du XXe siècle, quand 200 familles réinvestissent le quartier oriental, à proximité de l'oasis, construisant des maisons d'adobe sur les vestiges de la ville ancienne.
En 1982, le Département des antiquités a racheté l'ensemble du site et a exproprié ses habitants. Par ailleurs, la cité de Ryad s'est fortement développée, jusqu'aux portes de l'oasis d'ad-Dir'iyah. La région a également vu le développement d'infrastructures routières. Ad-Dir'iyah comprend aujourd'hui trois bourgs principaux. Le développement urbain se fait presque entièrement en dehors de la zone tampon. XVIIe siècle, il n'y a plus que trois oasis sous leur règle, dont celle d'ad-Dir'iyah. Deux groupes tribaux rivaux émergent alors et prétendent au pouvoir : les Al Muqrin et les Al Watban. L'organisation des oasis reflète alors

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