L'ile Maurice

Aapravasi Ghat


Ce site de 1 640 m2 situé dans le district de Port Louis est l’endroit où commença la moderne diaspora des travailleurs sous contrat ou « engagés ». En 1834, le gouvernement britannique choisit l’île de Maurice pour en faire le premier site de sa « grande expérience », l’utilisation de travailleurs libres plutôt que d’esclaves. Entre 1834 et 1920, presque un demi-million de travailleurs sous contrat arriva d’Inde à l’Aapravasi Ghat pour travailler dans les plantations sucrières de Maurice ou pour être transférés de là à l’île de la Réunion, en Australie, en Afrique australe et orientale, dans les Caraïbes. Les bâtiments de l’Aapravasi Ghat sont l’une des premières manifestations explicites de ce qui devait devenir par la suite un système économique mondial et l’une des plus grandes vagues migratrices de l’histoire.

Ce site culturel est classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO depuis 2006.

Histoire du site

En 1721, les Français ont pris officiellement possession de Maurice. Trou Fanfaron, qui bénéficie d'une situation protégée, est devenu de ce fait le point d'entrée des premiers colons français, qui commencèrent la construction de Port-Louis en 1732, utilisant pour ce faire de la main d'oeuvre venue d'Inde, d'Afrique et de Madagascar. De grands remparts et un hôpital doté de quatre murs formant une enceinte carrée autour d'une cour comptèrent parmi les premières constructions. L'hôpital existe toujours dans la zone tampon.
L'arrière-pays de Trou Fanfaron devint le centre marchand cosmopolite de Port-Louis : au XVIIIe siècle, les travailleurs libres malgaches, africains et indiens s'y installèrent, rejoints au XIXe siècle par des marchands venus d'Inde et de Chine. Un style d'architecture « mauricien » fit rapidement son apparition, avec des murs en pierre et en mortier de chaux ou en latanier, et des toits faits d'argamasse sur des bardeaux (une technique importée d'Inde) ou des feuilles de latanier. Le mortier de chaux comprenait du yaourt, des blancs d'oeuf, du beurre et de l'huile de sésame, une recette toujours d'actualité et utilisée pour les travaux de restauration de l'Aapravasi Ghat.
À partir du milieu du XVIIIe siècle, des plantations de cannes à sucre firent leur apparition sur l'île, avec de la main d'oeuvre esclave.
Au début du XIXe siècle, les Britanniques étendirent leur influence dans l'Océan Indien. À la fin de 1810, ils marchèrent sur Port-Louis et les Français se rendirent. Sous la domination britannique, la production sucrière augmenta, Port-Louis fut transformé en port libre, des routes furent construites et le commerce prospéra. Avec l'abolition de l'esclavage en 1834, le gouvernement britannique introduisit le travail sous contrat ou « engagisme » pour maintenir l'offre de main d'oeuvre, notamment pour les plantations de cannes à sucre. Des milliers de personnes commencèrent à affluer de l'Inde chaque année. Elles étaient initialement logées dans un dépôt à Port-Louis avant d'être dispersées dans les plantations.
Le site proposé pour inscription se compose des vestiges de ce dépôt. L'Aapravasi Ghat se trouve du côté oriental de la baie de Trou Fanfaron. L'histoire de l'accueil des travailleurs immigrants se décompose en trois grandes étapes.
La première s'étendit de 1834 à 1849, avec le début de l'immigration et le premier établissement du système de travail sous contrat. Il semble qu'il n'y avait pas à l'origine de dépôt d'immigration fixe, et plusieurs bâtiments à divers endroits de la baie servaient au débarquement des arrivants. Aux alentours de 1840, un bâtiment plus tard converti en hôpital de soins de la variole servait de dépôt d'immigration. On ignore sa situation exacte. En 1843, on trouve une référence écrite à l'utilisation de « vieux bâtiments de pierre », et ceux-ci ont été identifiés ; il s'agit d'une partie de l'hôpital militaire construit dans les années 1740. On sait que trois autres bâtiments au moins étaient également utilisés.
Le site de l'Aapravasi Ghat fut choisi en 1849. Un ancien bâtiment français construit avant 1775 existait alors sur le site, et il semble avoir formé le coeur des autres structures qui furent ajoutées par la suite. Le plan du site élaboré en 1849 montre les ajouts réalisés. Comme souvent avec les plans, on a du mal à savoir si tout ce qui est représenté a effectivement été construit. Le plan montre six bâtiments autour d'une cour, avec, adjacentes à l'ensemble, des marches en pierre descendant jusqu'au port. Très rapidement, il devint évident que les nouvelles structures ne pouvaient suffire à accueillir le nombre des arrivants. Il y avait parfois jusqu'à 1 000 hommes, femmes et enfants dans le dépôt en même temps. L'espace fut donc agrandi dans les années 1850, avec une nouvelle aire d'accueil créée. Des agrandissements supplémentaires furent approuvés en 1856.
En 1857, tout le terrain disponible était bâti. De nouveaux terrains furent donc rachetés, et les infrastructures du site améliorées par l'installation de cabinets, la pose de toitures en tuiles françaises plutôt qu'en fer blanc, pour améliorer l'isolation et la ventilation, et la construction d'un mur de quai le long du front de mer. Tout ceci était achevé en 1859. Le protecteur des immigrants décrit le complexe en détail dans son rapport de 1859. Il mentionne de grands édifices, dont certain avec des sols en bitume, des toits recouverts de tuiles et des murs faits en planche de bois, et déclare qu'on peut accueillir 600 personnes « sans le moindre problème ». Le nouveau dépôt, après ces améliorations, fut photographié en 1859.
Dans les années 1860, on apporta de nouveaux changements pour séparer les nouveaux immigrants et les anciens, et pour fournir des toilettes et des bains séparés. Tous les changements réalisés entre 1864-1865 sont documentés.
En 1864, la construction d'un chemin de fer coupa le dépôt d'immigration en deux, et des murs furent érigés le long des voies. D'autres modifications mineures suivirent jusqu'en 1923.
L'immigration de travailleurs « engagés » déclina dans les années 1870, pour cesser définitivement en 1923. Les bâtiments furent affectés à d'autres usages. Beaucoup survécurent jusqu'à la construction d'une gare routière dans les années 1970 et d'une route (la nationale M2) dans les années 1980, traversant le site. D'autres furent démolis pour « nettoyer » la zone. Dans les années 1990, une partie du site fut aménagée en tant qu'espace commémoratif.
En 1865, le dépôt se composait des éléments suivants : bureau du gardien, cabinet de consultation, cuisines, bureau de l'immigration, abris des « sirdars », bureaux du gardien du dépôt et de l'économe, abris des immigrants, cabinets et marches conduisant au quai. De ceux-ci, il ne reste plus que le bureau du gardien, le cabinet de consultation et les escaliers. On trouve des vestiges archéologiques des cuisines, des quartiers des « sirdars », ainsi que d'une partie des abris et des cabinets d'aisance des immigrants. Dans les années 1980, des habitants déterminés du quartier menèrent une campagne de sensibilisation sur l'importance du site. On inaugura la tenue d'une cérémonie religieuse sur le site, chaque mois de novembre, en l'honneur de l'esprit Jehaji Bhai. Les vestiges furent proclamés monument national en 1987 et, en 1988, le site fut confié au ministère de l'Éducation, des Arts et de la Culture.
En 1999, un projet de rénovation des bâtiments restants et d'étude des vastes archives existantes vit le jour. En 2001, l'Institut Mahatma Gandhi entama des fouilles archéologiques. Ce projet suscita une certaine controverse, et l'on convint de la mise en place d'un cadre juridique de développement, qui entraîna la création, en 2001, de l'Aapravasi Ghat Trust Fund. Il s'ensuivit des travaux archéologiques plus intensifs, et un projet de suppression des travaux inappropriés réalisés dans les années 1990. En 2001, le nom du site changea : de dépôt d'immigration, il fut rebaptisé Aapravasi Ghat. Pour certaines tranches de la population de Maurice, ce changement a marqué l'association du site avec les Hindous plutôt qu'avec l'ensemble des travailleurs « engagés », dont certains n'étaient pas hindous mais musulmans.
Paysage culturel du Morne »

Offres spéciales

 Leclerc Voyages

Leclerc VoyagesMaurice : Hôtels, locations, courts ou longs séjours, circuits ou croisières, trouvez vos ... Croisière à la Réunion, Maurice, Seychelles, Madagascar avec le Costa ... [En savoir plus...]

 Edreams

EdreamsCherchez des vols pas cher pour Île Maurice et réservez votre billet d'avion avec eDreams. Organisez facilement votre voyage à Île Maurice ! [En savoir plus...]

Voir aussi

 Cartes de l'ile Maurice

Cartes de l'ile Maurice Nos différentes cartes de l'ile Maurice à explorer: carte physique, carte routière, vue satellite. Pour tout savoir sur la géographie de l'ile Maurice.

 Informations pratiques

Informations pratiques Consultez nos conseils et infos pratiques avant de partir à l'île Maurice: monnaie, météo, climat, électricité, santé, sécurité, décalage horaire, etc.

 Actualités de l'ile Maurice

Actualités de l'ile Maurice L'espace blogs permet à chacun de publier en temps réel ses notes de voyage à l'île Maurice: idées sorties, idées de lecture, actualités de l'ile Maurice, ...

 Photos de l'ile Maurice

Photos de l'ile Maurice Découvrez les galeries de photos de l'ile Maurice publiées par les membres du club. Tout le monde peut participer !

 L'ile Maurice en vidéos

L'ile Maurice en vidéos Notre sélection de vidéos pour enrichir votre connaissance de l'ile Maurice sur tous vos écrans.

 Voyager à l'île Maurice

Voyager à l'île Maurice Réservez votre voyage à l'île Maurice et trouvez le meilleur prix: séjours, circuits, vols, hôtels, guides, ...

Partagez cette page